Les poules pondeuses : des mères, pas des machines

Les poules sont des animaux curieux et intelligents : selon les scientifiques, dans certains domaines elles seraient même plus intelligentes que les chats, les chiens ou même certaines espèces de primates. Dans leur milieu naturel elles vivent dans des groupes sociaux aux hiérarchies complexes (avec un « ordre de picorage ») ce qui permet de distinguer leurs différents caractères. Cependant, l’appétit des humains pour les œufs de poules a pour conséquence l’enfermement de millions de ces oiseaux qui passeront leur vie entière dans des cages exiguës où ils ne pourront jamais déployer leurs ailes, respirer l’air frais ou sentir les rayons du soleil sur leur dos. On force ces poules à pondre des œufs tous les jours jusqu’à ce que, épuisées, elles soient envoyées à l’abattoir.

Des cages surpeuplées, des vies d’oiseaux brisées

Environ 46 millions de poules pondeuses produisent 14.9 milliards d’œufs chaque année en France. Elles sont entassées dans des cages de batterie surpeuplées appelées « cages enrichies » ou dans des élevages « au sol ». Dans les cages « enrichies », l’espace accordé à chaque poule est celui d’une feuille A4, ce qui leur permet à peine de pouvoir déployer leurs ailes. Dans les élevages « au sol », les poules pondeuses sont confinées dans des abris où elles sont au nombre de 9 animaux par mètre carré.

La vie de ces oiseaux est un véritable enfer. Les barreaux métalliques des cages leurs arrachent les plumes, irritent leur peau et déforment leurs pattes. Les éleveurs leurs coupent le bec avec une lame brûlante quelques jours seulement après leur naissance afin d’éviter que les poules ne se tuent entre elles à cause du stress et de surpeuplement des cages. Les poules pondeuses ont souvent les os cassés et souffrent d’ostéoporose, les maladies se propagent rapidement dans les hangars insalubres et bondés. Beaucoup d’oiseaux meurent et ceux qui survivent sont souvent contraints de vivre avec les cadavres de leurs congénères qui entrent en putréfaction.

Les poussins males : non désirés et tués 1 jour seulement après leur naissance

Parce que les poules pondeuses ne sont pas exécutées tout de suite, certaines personnes pensent que manger des œufs est moins cruel que de manger de la viande. Mais il ne faut pas oublier que 50 % des poussins nés dans l’industrie des œufs sont des mâles ; ceux-ci ne pouvant pas pondre d’œufs et n’ayant pas été sélectionnés génétiquement pour produire une quantité excessive de viande, ils sont tout simplement non désirés et on s’en débarrasse, littéralement. Ils doivent alors affronter une mort terrible : être jetés à la poubelle et y mourir étouffé, être asphyxiés au dioxyde de carbone ou être jetés vivants dans un broyeur. Ce sont environ 54 millions de poussins mâles qui meurent ainsi chaque année.

Condamnées à l’abattage

Leurs mères et sœurs ne sont pas pour autant plus chanceuses. Bien que l’espérance de vie d’une poule soit de 10 ans minimum, les poules pondeuses élevées uniquement pour leurs œufs ne pourront pondre que pendant deux ans. Lorsque leur production commence à diminuer, elles sont retirées de l’élevage et tuées. Jetées violemment dans de petites cages de transport, elles subissent alors un trajet très éprouvant jusqu’à l’abattoir. Une fois arrivées, elles sont attachées par les pattes puis égorgées (alors qu’elles sont parfois encore conscientes). Leur corps sert de viande bas de gamme qui rentre dans la composition de la nourriture pour chien par exemple.

Ce que signifie vraiment « élevées au sol »

Contrairement à ce qu’on peut penser, le label « élevées au sol » ne signifie pas pour autant « sans cruauté ». Dans beaucoup d’élevages au sol des milliers d’oiseaux sont en fait parqués dans des hangars sans aucun accès à l’extérieur et on est alors bien loin d’un mode de vie naturel. Les normes concernant le bien-être de ces animaux laissent donc à désirer et ces poules « élevées au sol » ont même une espérance de vie moins élevées que les autres.

Finalement ces oiseaux sont simplement traités comme des machines à pondre des œufs et vivent une vie angoissante, dans l’inconfort, avant d’être tués dans les mêmes abattoirs que les poules des élevages conventionnels. Il n’y a pas de solution pour remédier à ça, si ce n’est d’arrêter tout simplement de consommer les œufs et la chair de ces animaux.

Pourquoi les œufs peuvent être mauvais pour votre santé

Les œufs contiennent un taux de cholestérol et de graisses saturées très élevé ; cela peut provoquer le bouchage de vos artères et provoquer des maladies cardio-vasculaires. Consommer des produits riches en graisses comme les œufs augmente également les risques d’obésité.

En plus de ça, les œufs sont souvent à l’origine de la salmonellose et autres sortes d’empoisonnement alimentaire. Ils sont également souvent liés à des crises sanitaires que ce soit du fait des dioxines ou de la listeria, ce qui n’est pas surprenant quand on connaît les conditions sanitaires alarmantes des élevages industriels.

L’usage excessif d’antibiotiques dans l’industrie des œufs est une autre cause d’inquiétude pour la santé publique. Gaver les oiseaux d’énormes quantités de médicaments pourrait causer chez l’humain des infections résistantes aux médicaments comme la bactérie E. coli ou SARM (staphylocoque doré résistant à la méthicilline).

Comment vous pouvez agir

Il est facile de ne plus cautionner la cruauté routinière avec laquelle fonctionne l’industrie des œufs : arrêtez simplement d’en manger ! C’est la chose la plus bienfaisante que vous puissiez faire pour les poules et les poussins et ce sera aussi très bénéfique pour votre santé. Il y a tellement de substituts délicieux : essayez le tofu brouillé pour le petit-déjeuner et, dans vos recettes de gâteaux et de biscuits, vous pouvez aussi remplacer les œufs par des bananes, de la compote de pomme, de la fécule de maïs ou même du soda.

Montrez que vous vous souciez du sort des poules en devenant végan. Parlez-en à vos amis et convainquez-les de suivre votre exemple!

Les faits

  • Les poules commencent à communiquer avec leurs petits avant même l’éclosion, en gloussant pendant la couvaison.
  • Les poules sont capables d’appréhender les relations de cause à effet et ont conscience, lorsqu’on leur cache des objets, que ceux-ci existent toujours. À cet égard, leurs aptitudes cognitives sont plus élevées que celles des jeunes enfants humains.
  • Un gros œuf contient plus de 200 milligrammes de cholestérol.
  • Chaque année en France, ce sont plus de 17 000 personnes qui sont infectées par la salmonellose.
  • En 2012, la législation de l’Union européenne a redéfini la taille des cages dans lesquelles les poules sont élevées mais n’a pas résolu le problème fondamental du confinement extrême dans les élevages. Les nouvelles cages « enrichies » permettent aux poules d’avoir seulement 9 % d’espace utile en plus.