Les alternatives aux expériences sur les animaux

Lors d’une intervention dans un programme télévisé, le professeur Michael Balls, qui est à la tête de laboratoire de référence de l’Union européenne pour la promotion des méthodes de substitution à l’expérimentation animale (EURL ECVAM), fait part de son espoir que toutes les expériences animales prennent fin un jour :

Je crois que si nous le voulions vraiment, nous pourrions travailler de manière résolue
pour qu’un jour, d’ici 10 à 20 ans, les expériences sur les animaux disparaissent.

Les expériences sur les animaux sont cruelles et coûtent cher, et elles mènent à des résultats faussés qui sont généralement inapplicables aux humains. C’est en partant de ce constat que les scientifiques les plus avant-gardistes du monde travaillent pour développer et utiliser des méthodes pour l’étude des maladies et les tests de produits qui remplacent le recours aux animaux et qui sont aptes à en prédire les effets sur la santé humaine.

Ces méthodes modernes englobent des expériences abouties impliquant des cellules et tissus humains (connues sous le nom de méthode in vitro), des techniques avancées de modélisation par ordinateur (méthode d’étude in silico) et des études à l’aide de sujets humains volontaires. Ces diverses méthodes non-animales ne sont pas parasitées par les différences entre espèces qui rend les expériences réalisées sur les animaux difficiles ou impossibles à transposer aux humains, et elles sont généralement plus rapides et moins coûteuses à mettre en œuvre.

Les affiliées de PETA financent le développement de nombreuses méthodes qui n’impliquent pas d’animaux, publient des recherches sur leur supériorité par rapport aux tests pratiqués sur les animaux et promeuvent leur utilisation auprès de gouvernements et d’entreprises dans le monde entier.

Les expériences in vitro

  • L’institut Wyss d’Harvard a créé des « organs-on-chips » (organes sur une puce) qui contiennent une culture de cellules humaines, une technique avancée permettant d’observer la structure et le fonctionnement des organes et du système d’organes humains. Ces puces électroniques peuvent être utilisées en lieu et place d’animaux dans le cadre des recherches sur les maladies, les médicaments et la toxicité. Elles ont démontré qu’elles étaient capables de simuler la physiologie humaine, les maladies et les réactions aux médicaments de façon plus précise que des expériences animales cruelles. De grandes entreprises, telles que HµRel Corporation, proposent déjà des puces électroniques que les chercheurs peuvent utiliser pour remplacer les animaux.
  • Différentes expériences reposant sur les cellules et modèles de tissus humains peuvent être effectuées afin d’évaluer l’innocuité des médicaments, des produits chimiques, des cosmétiques et des produits de consommation. L’entreprise CeeTox (rachetée par Cyprotex) a développé une méthode permettant d’évaluer la tendance d’un produit à provoquer une allergie cutanée chez l’humain. Elle a recours à des tissus biologiques EpiDerm™ de MatTek’s,un modèle de peau en trois dimensions fabriqué à partir de cellules de peau humaine qui simule les principaux éléments d’une peau humaine normale. Il remplace l’utilisation de cochons d’Inde ou de souris auxquelles on aurait sinon injecté ou appliqué sur leur peau rasée une substance afin d’observer les réactions allergiques. de MatTek  est également utilisé pour remplacer des lapins lors d’expériences douloureuses et prolongées, méthode traditionnellement utilisée pour mesurer les effets des produits chimiques et leur tendance à corroder ou irriter la peau.
  • Les chercheurs de l’EURL ECVAM ont développé cinq tests différents qui utilisent des cellules de sang humain pour déceler des substances dans les médicaments qui, lorsqu’ingérés, provoquent une réaction de fièvre potentiellement dangereuse. Ces méthodes non-animales remplacent l’utilisation cruelle de lapins lors de ces tests douloureux.

La modélisation informatique (in silico)

  • Des chercheurs ont développé un large éventail de modélisation informatique de pointe qui simule la biologie humaine et la progression des maladies. Les études montrent que ces modèles peuvent prédire précisément comment le médicament réagira dans le corps humain et peuvent remplacer l’utilisation d’animaux dans le cadre de recherches exploratoires et d’un grand nombre de tests de médicaments réalisés couramment.
  • Les « relations quantitatives structure à activité » (QSAR en anglais) désignent des techniques informatisées qui peuvent remplacer les expériences sur les animaux en produisant des prédictions fiables sur la dangerosité d’une substance, en se basant sur les similarités avec des substances existantes et sur notre connaissance de la biologie humaine. Les grandes entreprises et les gouvernements utilisent de plus en plus les outils de la QSAR pour éviter les tests de médicaments sur les animaux, PETA États-Unis les promeuvent activement et financent leur utilisation à l’échelle internationale.

La recherche à l’aide d’humains volontaires

  • Une méthode appelée « microdosage» peut fournir des informations vitales sur la sécurité d’un médicament expérimental et sur la manière dont il est métabolisé chez l’humain avant des essais sur des humains à plus grande échelle. Une seule dose extrêmement faible est administrée aux sujets volontaires et des techniques de pointe sont utilisées afin de surveiller la façon dont réagissent les médicaments dans le corps. Le micro-dosage peut remplacer certaines expériences sur les animaux et aide à écarter les composants qui ne fonctionneront pas chez l’humain, de sorte à ce que l’on ne requiert pas inutilement à passer au stade des expériences sur les animaux qui sont exigées par les gouvernements.
  • Des techniques avancées d’enregistrement et d’imagerie cérébraux – tels que l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) – sur des sujets volontaires peuvent être utilisées pour remplacer des expérimentations archaïques lors desquelles on provoque des dommages au cerveau à des rats, des chats et des singes. Ces techniques modernes permettent au cerveau humain d’être étudié, sans danger, jusqu’à l’échelle du neurone, et les chercheurs peuvent temporairement et de manière réversible provoquer des troubles cérébraux en utilisant la stimulation magnétique transcrânienne.
  • Au lieu de provoquer des maladies humaines chez les animaux dans des environnements artificiels, des études épidémiologiques – l’étude de maladies naturellement présentes au sein de la population – peuvent fournir des informations vitales et recueillies auprès la population humaine sur les facteurs de risques et les causes des maladies. Ce type d’étude nous a renseigné sur le lien de causalité qui existe entre le tabac et le cancer, le mécanisme de transmission du virus du SIDA et d’autres maladies infectieuses, et l’identification de facteurs de risques cardiovasculaires. Les études épidémiologiques ont permis de mettre en place des mesures adaptés afin de prévenir ou de réduire l’apparition de ces maladies.

Les simulateurs de patient humain

  • Il a été rapporté que des simulateurs de patients humains informatisés surprenants de vie qui respirent, saignent, convulsent, parlent et peuvent même « mourir » offrent un meilleur apprentissage aux étudiants en physiologie et en pharmacologie que les entraînements sommaires qui consistent à charcuter des animaux. La plupart des simulateurs de haute technologie reproduisent des maladies et des blessures, et peuvent produire des réponses biologiques en cohérence avec les interventions médicales et l’administration de médicaments.
  • Pour une formation médicale plus poussée, des systèmes comme TraumaMan – qui reproduit une respiration, les saignements d’un torse humain et se compose de couches de peau, de tissus, de côtes et d’organes internes réalistes – sont généralement utilisés pour enseigner les interventions chirurgicales d’urgence. Selon de nombreuses études, ces systèmes ont fait la démonstration qu’ils étaient capables de transmettre des gestes opératoires efficaces mieux que ne le font les cours qui imposent aux étudiants de tuer par balle ou de disséquer des cochons, des chèvres ou des chiens vivants.

PETA est membre du Consortium scientifique international de PETA. Visitez le site du Consortium pour plus d’informations sur le travail international de promotion du développement et du recours à des recherches et des méthodes d’expérimentation non-animales modernes. Une liste de toutes les méthodes non-animales pour les tests de toxicité approuvées par les organismes de réglementation est disponible ici.

Le nombre de gens qui s’opposent aux expériences sur les animaux ne cesse d’augmenter au fur et à mesure que grandit l’intérêt pour une science passionnante, progressiste et efficace qui utilise des méthodes sans animaux, à la fois au service des humains et des autres espèces.

Pour connaître d’autres moyens de s’impliquer pour mettre fin à des expériences cruelles sur les animaux, veuillez visitez notre rubrique Action.