L’industrie de la soie

La soie est la fibre avec laquelle les vers à soie tissent leur cocon, une enveloppe externe destinée à les protéger durant le stade nymphal. Mais la plupart des insectes utilisés dans l’industrie de la soie ne vivent pas au-delà de ce stade car ils sont ébouillantés ou gazés vivants dans leurs cocons afin de défaire les cocons et de permettre aux travailleurs de récolter les fils de soie. Il faut tuer environ 6600 vers à soie pour obtenir un seul kilogramme de soie.silkworm-931555_1280

Des insectes torturés et des travailleurs exploités

Dans les usines de production de soie en Inde, les vers à soie qu’on laisse vivre jusqu’à devenir des papillons n’ont pas un sort vraiment plus enviable que ceux qui sont ébouillantés vivants dans leurs cocons. Dès qu’elles ont pondu leurs œufs, les papillons femelles sont écrasées et leurs corps sont ensuite examinés au microscope pour détecter d’éventuelles maladies. Si l’on découvre une maladie, les œufs sont alors détruits. Quant aux mâles, ils sont tout simplement éliminés une fois l’accouplement terminé. Il n’est pas rare de voir des oiseaux picorer dans des paniers remplis de papillons mâles laissés à l’extérieur des usines de soie.

Même si les vers ne peuvent exprimer leur détresse de manière facilement identifiable pour les humains, quiconque a déjà vu un vers de terre surpris de se retrouver à la lumière du jour doit admettre que les vers sont sensibles. Ils produisent des endorphines et ont une réponse physique à la douleur.

Il existe par ailleurs des reportages montrant le recourt au travail des enfants dans l’industrie de la soie. Selon l’ONG Human Rights Watch qui a enquêté sur le commerce de la soie en Inde, des enfants, dont certains n’ont que 5 ans, sont forcés à travailler dans les usines et les ateliers qui produisent les fils de soie. Certains doivent immerger leurs mains dans des bacs d’eau bouillante et se retrouvent avec la peau à vif et avec des cloques. Les enfants qui enroulent les fils de soie ont souvent des coupures qui ne sont pas soignées et peuvent s’infecter.

Ne vous laissez pas berner par la soie non violente

De nombreuses personnes troublées par la cruauté de la production de soie conventionnelle se sont tournées vers des alternatives soi-disant sans cruauté, appelées « soie pacifique » ou « soie ahimsa ». Bien que les vendeurs affirment que ces matériaux furent produits à partir de cocons collectés après que le papillon en est sorti naturellement, aucun organisme de certification n’existe pour garantir le respect de ce cahier des charges, et des cas de soie conventionnelle vendue comme « soie pacifique » ont été signalés.

Même les producteurs qui ne gazent pas ou n’ébouillantent pas les vers à soie peuvent leur causer des souffrances en leur donnant de la nourriture non adéquate ou en les forçant à sortir prématurément de leur cocon. Le groupe Beauty Without Cruelty India (Beauté sans cruauté, Inde), œuvrant pour le bien-être animal, a observé un producteur de ce type de soie faire pondre les femelles enfermées dans des bacs tandis que les mâles étaient mis dans un réfrigérateur duquel on ne les sortait que pour qu’ils se reproduisent jusqu’au moment où ils n’étaient plus capables de s’accoupler et étaient donc éliminés.

Ce que vous pouvez faire

Les seules véritables options sans cruauté sont celles qui ne requièrent pas l’utilisation des animaux. Heureusement, il existe de nombreux tissus de luxe qui ne proviennent pas d’animaux, comme le nylon, le polyester, le Tencel, les fibres de graines et de cosses d’asclépiade, les fibres issus du kapokier et la rayonne.