Le cuir pourrait bénéficier d’un passe-droit
Cette action est désormais fermée
Suite à un lobbying acharné de l’industrie du cuir, la Commission européenne cherche à exclure les peaux et le cuir du règlement européen contre la déforestation importée (EUDR), une loi visant à assurer que les principaux produits agricoles et forestiers mis sur le marché de l’UE ou exportés depuis celle-ci ne contribuent pas à la déforestation, soient produits en accord avec la législation et ne contribuent pas à la dégradation des forêts. Et ce sont les animaux, les forêts et le climat qui en feront les frais.
Pour défendre cette marche-arrière difficile à comprendre, certains avancent que le cuir ne serait qu’un simple résidu de l’industrie de la viande, mais cette affirmation ne tient ni sur le plan logique, ni sur le plan économique.
Nous avons jusqu’au 1er juin pour appeler l’UE à ne pas affaiblir l’EUDR. C’est votre chance de prendre position en faveur de l’environnement et des vaches. Prenez connaissance de la consultation, cliquez sur « Donnez votre avis » et laissez un commentaire en expliquant, avec vos propres mots, que :
Exclure le cuir de l’EUDR serait une exemption préoccupante donnée aux lobbys. Le cuir est un co-produit rentable de l’élevage bovin : chaque ceinture, porte-monnaie ou siège de voiture en cuir contribue à financer une industrie responsable de 41 % de la destruction des forêts tropicale à l’échelle mondiale et de 72 % de la déforestation au Brésil.
La contradiction est manifeste : le règlement européen, dans sa forme actuelle, interdirait l’importation de bœuf issu de terres déforestées, tout en continuant d’autoriser l’entrée du cuir provenant des mêmes animaux. Comment affirmer lutter contre la déforestation tout en permettant l’importation de produits contribuant à cette destruction ?
Derrière chaque produit en cuir se cache également un être sensible. Des enquêtes ont documenté des veaux séparés de leur mère, traînés à terre et marqués au fer rouge. Une large part du cuir commercialisé en Europe provient directement de ces chaînes de production marquées par la violence. À cela s’ajoute l’impact environnemental du tannage, qui repose sur l’utilisation de substances chimiques toxiques contaminant les cours d’eau et exposant les populations vivant à proximité des tanneries à de graves risques sanitaires.
Exclure le cuir de l’EUDR viderait le texte de sa substance et protégerait indûment une industrie destructrice, au détriment des forêts, des animaux et du climat. J’appelle donc la Commission européenne à appliquer l’EUDR sans délai et à maintenir le cuir dans la réglementation.

