Un rapport montre des progrès en matière de tests pour les produits chimiques – mais les animaux continuent à en faire les frais
L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a publié son dernier rapport sur l’utilisation de méthodes alternatives aux tests sur les animaux dans le cadre du règlement REACH. Rendu public tous les trois ans, le rapport a pour but de suivre les progrès réalisés en matière de réduction et de remplacement de l’utilisation d’animaux pour les tests de sûreté chimique.
Il y a des signes de progrès, mais la réalité est la suivante : les animaux souffrent toujours dans des laboratoires à travers le Royaume-Uni et l’Europe, et ce malgré l’existence de méthodes ne faisant pas appel à l’expérimentation animale.
Sous REACH, les animaux ne devraient être utilisés lors de tests qu’en dernier recours, lorsqu’aucune autre option n’est disponible. Le rapport montre cependant que ce n’est pas toujours le cas en pratique.
Les animaux ne devraient jamais être utilisés lors d’expérimentations
Parmi les exemples les plus flagrants, on compte les tests de toxicité aiguë sur les poissons.
Les poissons sont toujours soumis à ces tests lors desquels on les expose à une substance chimique, les prive des nourriture et les surveille pendant 96 heures, tandis que leur état se dégrade progressivement. À la fin du test, le nombre de morts est compté pour déterminer la toxicité de la substance.
Ces tests persistent bien que des méthodes n’impliquant pas d’animaux soient disponibles. Les approches informatiques ou celles utilisant des cellules de poissons permettent par exemple d’obtenir des informations similaires ou plus pertinentes sans causer de souffrance. Les entreprises qui optent pour ces méthodes sont pourtant très rares.
S’agissant de la toxicité aiguë sur les poissons, les données soumises aux régulateurs proviennent majoritairement de tests sur des poissons, alors que les approches n’impliquant pas d’animaux sont bien moins fréquemment utilisées. Bien qu’une science plus efficace existe, elle n’est pas mise en place.
Pourquoi l’expérimentation animale reste-t-elle la norme ?
L’obstacle principal est le manque de confiance dans les méthodes n’impliquant pas d’animaux. Les entreprises craignent souvent que les régulateurs n’acceptent pas de nouvelles approches, elles se reposent donc sur l’expérimentation animale, qui leur semble être l’option la plus simple pour obtenir l’approbation réglementaire.
Cela crée un cycle vicieux. Des méthodes ne recourant pas à l’expérimentation animale sont mises au point, validées scientifiquement et reconnues par les organismes de réglementation. En pratique, elles restent néanmoins sous-utilisées dans la prise de décision.
Si le rapport appelle à « une collaboration et un dialogue renforcés, » la mise en œuvre de la règle selon laquelle l’expérimentation animale ne doit être utilisée qu’en dernier recours nécessite davantage que de simples discussions.
Il est temps de révolutionner le système
Si l’UE veut sérieusement mettre fin aux expérimentations sur les animaux pour les tests de sûreté chimique, il faut que le système change.
Aucune révision complète du règlement REACH n’est prévue pour le moment. Cela signifie que mettre à jour les annexes de REACH qui précisent les tests exigés est la façon la plus efficace de faire avances les choses.
En revenant sur la nécessité d’avoir recours à l’expérimentation animale et en autorisant un éventail plus large de méthodes n’impliquant pas d’animaux, les régulateurs peuvent contribuer à garantir que la société tire pleinement profit de la science.
Sans ces changements, les tests sur les animaux continueront d’être effectués par défaut, même lorsqu’ils pourraient être évités.
Les méthodes n’impliquant pas d’animaux doivent devenir la norme
L’Union européenne s’est engagée à mettre progressivement fin aux tests de sûreté chimique sur les animaux. Mais de simples engagements sont insuffisants.
Pour mettre véritablement fin à l’utilisation des animaux dans les laboratoires, les alternatives doivent devenir la norme, et non l’exception. Cela implique des règles plus claires, une mise à jour plus rapide de la réglementation, un système qui encourage activement une science innovante et respectueuse du bien-être animal, ainsi que des mesures dissuasives fortes contre le recours à l’expérimentation animale lorsque d’autres méthodes sont disponibles.
Les animaux ne devraient jamais souffrir dans les laboratoires, d’autant plus au vu des alternatives qui existent déjà. Il est temps de combler le fossé entre les politiques et la pratique – et de veiller à ce que la promesse de mettre fin à l’expérimentation animale devienne une réalité.
Demandez à l’UE de moderniser REACH !
Signez notre lettre ouverte afin de demander aux dirigeants et dirigeantes de l’UE de moderniser REACH et de contribuer à mettre fin à ces expérimentations pour de bon.



