L’appétit de la France pour le saumon alimente les maladies, les parasites et la cruauté en Écosse
La France est aujourd’hui le 4ᵉ plus grand consommateur de saumon au monde et le premier en Europe. Mais derrière chaque tranche de saumon se cache la souffrance d’un animal intelligent doté d’une mémoire olfactive et d’une grande sensibilité.
Avec 4,2 kg consommés par habitant (contre 2 kg en 2002), la demande a explosé. Pour y répondre, les élevages intensifs se multiplient : des millions de saumons, des animaux sensibles et capables de ressentir la douleur, sont élevés dans des conditions artificielles. Et ce n’est pas tout : ces élevages nécessitent d’énormes quantités de soja et d’aliments végétaux, dont une part provient d’Amérique du Sud, contribuant ainsi indirectement à la déforestation de l’Amazonie – un aspect largement ignoré du grand public.
Beaucoup se tournent vers la truite fumée, dont la consommation a bondi de 73 %, et qui provient à 58 % d’élevages français, mais cela ne change rien au fond : qu’il s’agisse de saumon ou de truite, la consommation croissante en France continue de faire tourner une industrie fondée sur l’élevage massif, le stress et la mise à mort d’innombrables animaux aquatiques invisibles.

Maladies, parasites, cruauté… Ce que les producteurs de saumon écossais vous cachent
Déformés, alades, dévorés vivants par des parasites… Une nouvelle enquête menée par l’organisation Compassion in World Farming révèle que les saumons dans les élevages écossais souffrent à grande échelle : ils sont infestés de parasites dans des enclos extrêmement bondés et dépourvus de tout aménagement.
Les nouvelles images révèlent des conditions horribles chez cinq des plus grands producteurs de saumon d’Écosse, qui représentent plus de 96 % de l’industrie.
Des poissons ont été filmés avec des parasites dévorant leur peau, des algues poussant à partir de plaies ouvertes et des morceaux de chair manquants. Sur les images, ils sont détenus dans une eau sale et appauvrie en oxygène, et des cadavres de poissons morts et en décomposition flottent autour d’eux.
L’Écosse est le troisième plus grand producteur mondial de saumon atlantique d’élevage. Chaque année, entre 24 et 56 millions de poissons sont exploités dans les fermes écossaises et expédiés vers plus de 50 pays.

La cruauté de l’élevage du saumon
Le saumon atlantique parcourt des milliers de kilomètres dans son habitat naturel, mais lorsqu’il est confiné dans ces bassins d’élevage intensif, il est réduit à nager en rond sans but durant sa courte et misérable existence.

Les maladies et les poux de mer parasites prolifèrent dans ces conditions insalubres et intensives. Non seulement ces poux infligent des blessures douloureuses et dévorent les saumons vivants, mais les procédés utilisés pour les éliminer (comme les bains chimiques et l’eau chaude) peuvent causer aux poissons une douleur et un stress supplémentaires. Beaucoup d’entre eux portent d’innombrables poux de mer.
Les taux de mortalité dans les piscicultures écossaises sont choquants : pour les dix premiers mois de 2020 seulement, près de 3,7 millions de décès ont été signalés. Ces chiffres n’incluent pas les poissons tués pour leur chair, mais comptabilisent les morts causées par les maladies, les parasites, les blessures et le fait d’être manipulés.

Des « poissons nettoyeurs » sont également confinés dans ces élevages. Les éleveurs les utilisent pour tenter d’éliminer les poux de mer des saumons. Certains sont capturés dans leur habitat naturel et endurent les mêmes horreurs que les saumons.
Impact environnemental
Les saumons morts sont parfois jetés dans des décharges, exposant leurs corps en décomposition à la faune sauvage. Cela pourrait représenter un risque pour la biosécurité.
La pollution de l’eau causée par les déjections des poissons et les produits chimiques provenant des élevages de saumon écossais peut provoquer la prolifération d’algues nuisibles, à laquelle ces animaux piégés ne peuvent échapper. De plus, beaucoup des produits chimiques rejetés dans l’environnement par ces installations sont connus pour être toxiques pour d’autres poissons, oiseaux et mammifères. Les poissons qui s’échappent de ces élevages pour rejoindre l’océan se reproduisent parfois avec des saumons sauvages, engendrant une descendance qui présente des mutations génétiques susceptibles d’altérer leur comportement et de réduire leurs capacités, ce qui pourrait affecter l’avenir des populations sauvages.
Risques sanitaires
Manger du poisson peut être extrêmement dangereux pour la santé humaine. Les poissons observés en Écosse étaient blessés, malades et infestés de parasites, et même la chair d’animaux apparemment en bonne santé peut présenter des risques sanitaires cachés.

Personne ne veut manger des poux de mer ou des plaies sanglantes, mais qu’en est-il de l’arsenic, du mercure, des dioxines ou du plomb ? Et des PCB, ces produits chimiques synthétiques qui polluent l’eau et se concentrent dans la chair des poissons ? Saviez-vous que votre saumon pourrait contenir une dose de substances cancérigènes ?
Ces risques ne se limitent pas aux saumons élevés dans les fermes écossaises – ils peuvent être présents dans des poissons élevés ou capturés n’importe où dans le monde, quelle que soit la méthode utilisée.
Le saumon, un poisson voyageur
Le saumon est l’un des plus grands voyageurs du règne animal. Il naît en rivière, descend jusqu’à l’océan, puis parcourt des milliers de kilomètres pour revenir pondre exactement là où il est né, guidé par une mémoire olfactive et magnétique d’une précision incroyable. Son odorat est si développé qu’après des années passées en mer, il reconnaît la signature chimique unique de « sa » rivière.
Ce retour est une épreuve : courants violents, cascades, prédateurs… Une véritable odyssée dont beaucoup ne reviennent pas, mourant d’épuisement après la reproduction. À l’état sauvage, le saumon est un animal plutôt solitaire, qui n’interagit vraiment qu’à des moments clés de sa vie, comme la compétition ou la reproduction.
En captivité, tout s’inverse. Entassés dans des cages marines, privés d’espace et de mouvement, les saumons subissent stress, blessures et parfois même cannibalisme. Le contraste est saisissant : transformer un migrateur légendaire en un animal enfermé revient à nier sa nature même, à priver un explorateur né de la liberté et de la dignité qui devraient lui être dues.
Ce que vous pouvez faire pour les saumons
Les saumons sont des individus qui éprouvent une douleur, une souffrance et une frustration vaines lorsqu’ils sont confinés dans des piscicultures. Les scientifiques s’accordent à dire que les systèmes de réponse à la douleur des poissons sont identiques à ceux des mammifères et des oiseaux.
Imaginez passer votre vie dans un espace sale entouré de cadavres, privé de tout ce qui est naturel et essentiel pour vous, puis subir l’agonie de l’abattage. La seule façon d’épargner cette misère aux poissons est d’adopter une alimentation végane. Les poissons et les autres animaux ne nous appartiennent pas.
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