La barbarie du commerce de la fourrure

L’industrie de la fourrure, depuis longtemps synonyme de cruauté, est responsable de la mort de millions d’animaux dans des conditions atroces chaque année dans le but de tirer profit du commerce de leur peau.

Les élevages d’animaux à fourrures

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Des rangées de cages empilées les unes sur les autres dans des locaux nauséabonds où résonnent les cris perçants des animaux en détresse : c’est à ça que ressemble un élevage d’animaux à fourrure.

Plus de 85 % de la fourrure vendue aujourd’hui provient de ce type d’installations, où visons, renards et autres animaux sont cloîtrés durant toute leur vie avant d’être tués pour leur peau. Les conditions de vie qui leur sont infligées ne laissent aucune place au jeu, à la chasse, ou au simple fait de courir et sauter comme ils le font dans leur environnement naturel. La courte vie de ces animaux d’ordinaire curieux et intelligents est souvent marquée par la folie. Violence, auto-mutilation et cannibalisme sont monnaie courante dans les élevages d’animaux à fourrure.

Les nombreuses enquêtes menées dans les élevages d’animaux à fourrure dans de nombreux pays producteurs de fourrure ont toutes révélé leur lot d’atrocités : des animaux aux yeux infectés, des pattes blessées par les barreaux métalliques de leur cage insalubre, des membres arrachés et purulents, des plaies béantes laissées sans traitement (parfois tellement profondes que leur cerveau est apparent) ; des petits qui partagent leur cage avec le cadavre de leur mère en putréfaction ; et des animaux dont le comportement névrotique témoigne de l’importance des dégâts psychologiques qu’ils subissent.

Les méthodes utilisées pour tuer les animaux dans les élevages d’animaux à fourrure sont l’électrocution vaginale ou anale, le gazage ou l’empoisonnement. Elles sont toutes aussi horribles, douloureuses et terrifiantes pour les animaux.

Piégeage et passage à tabac

Chaque année, les trappeurs du monde entier tuent des millions de ratons laveurs, des coyotes, des loups, des lynx, des opossums, des ragondins, des castors, des loutres et d »autres animaux à fourrure pour l’industrie de l’habillement.

Perte de sang, choc émotionnel, déshydratation, engelure, gangrène et blessures infligées par les attaques de prédateurs : les animaux qui se font piéger dans la nature peuvent souffrir pendant des jours. Il arrive que des mères se rongent leurs propres membres pour s’échapper et retourner auprès de leurs petits.

Les chasseurs peuvent utiliser des pièges en forme de mâchoire d’acier qui se referment sur la patte des animaux, les entaillant souvent jusqu’à l’os. Les pièges en X ou Conibear, écrasent quant à eux le cou des animaux sous une pression de plus que 40 kilos par centimètre carré. Quant aux pièges utilisés dans les eaux, ils laissent les castors, les ondatras et autres animaux se débattre plus de neuf minutes avant qu’ils ne meurent noyés. Les mâchoires en acier sont si inhumaines qu’elles sont illégales dans l’Union européenne (cependant rien empêche l’import et la vente en France de fourrures attrapées par le biais de ces dispositifs cruels).

Il a été rapporté que des trappeurs exécutent des animaux en les battant jusqu’à la mort ou en les piétinant. Ces méthodes d’exécution sont un moyen reconnu pour minimiser les dommages fait à la fourrure malgré la grande souffrance qu’elle inflige aux animaux.

Au Canada, où un grand abattage de phoques est pratiqué chaque année, des dizaines de milliers de bébés phoques sont exécutés pour le commerce de leur peau reconnue pour sa douceur. On leur tire dessus ou on les massacre à l’aide de gourdins munis d’une pointe métallique.

« Je n’oublierai jamais le regard déconcerté du raton laveur piégé, tour à tour frappé sur la tête avec un bâton, puis maintenu sous l’eau par la botte du trappeur, pour en ressortir suffoquant, essayant d’attraper le bout du bâton avec sa patte minuscule comme s’il implorait pitié. »
– Will Travers, Born Free USA, sur l’industrie des pièges

Dans la peau de qui êtes-vous ?

Si vous achetez de la fourrure, il n’y a aucun moyen simple de déterminer la peau de quel animal vous portez réellement.

En Chine, où il n’y a aucune sanction contre la maltraitance des animaux dans les élevages, les chiens et les chats, dont certains sont parfois des animaux de compagnie kidnappés à leur famille, comptent aussi parmi les victimes de l’industrie de la fourrure. La vidéo choquante tournée dans des élevages chinois d’animaux à fourrure révèle que les animaux sont tués dans des conditions aussi douloureuses que terrifiantes. Les ouvriers matraquent des chiens viverrins, décapitent des lapins et arrachent la peau à des animaux vivants qui se tordent de douleur sans pour autant perdre conscience.

Il est souvent impossible de retracer l’origine d’un produit en fourrure car l’étiquetage est volontairement inexact et les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnent internationale sont difficilement identifiables. Il arrive même parfois que la vraie fourrure soit étiquetée comme de la fausse.

Les dégâts environnementaux

Il n’y a rien de « naturel » dans le fait de porter de la fourrure, et, à chaque étape de sa production, la fourrure nuit à la planète. Pour éviter le phénomène de putréfaction qui démarre avec la mort des animaux, les producteurs les aspergent d’un cocktail de produits chimiques dangereux comme le formaldéhyde et le chrome. Ce n’est pas très glamour, n’est-ce-pas ?

En fait, la Banque Mondiale a classé l’industrie de la fourrure comme une des pires au monde à cause de la pollution aux métaux toxiques qu’elle provoque. Les substances dangereuses utilisées pour traiter la fourrure peuvent avoir des conséquences désastreuses sur les sources d’eau potable. Ils sont également très nuisibles à la santé des ouvriers qui travaillent sur les sites de traitement des fourrures, entraînant maladies de peau et cancers.

Comme d’autres formes d’élevages industriels, les élevages à fourrure sont focalisés sur le montant des bénéfices qu’ils peuvent tirer des animaux qu’elles exploitent, avec aussi peu de considération pour la protection animale que pour l’impact environnemental. Les élevages de visons, par exemple, génèrent des tonnes d’excréments contenant du phosphore qui se déversent dans les cours d’eau et causent des émissions nuisibles d’oxyde d’azote et d’ammoniac.

Une étude indépendante réalisée en 2013 a démontré que les conséquences environnementales de la production de vraie fourrure sont toujours plus lourdes (jusque 10 fois plus) que celles de la fausse fourrure et du textile non animal.

« [Pour] tous les impacts environnementaux étudiés, la fourrure naturelle a un impact plus grand que la fausse fourrure. »
– CE Delft Report, 2013

On préfère être nu

Des célébrités, des top-modèles, des créateurs de mode et une grande partie du public français se sont prononcés contre l’industrie de la fourrure. Beaucoup de personnes très en vue ont participé à des campagnes marquantes de PETA et de nos affiliées internationales contre la fourrure (comme P!nk, Eva Mendes, Natalie Imbruglia, Joanna Krupa et Jeff Panacloc).

Calvin Klein, Stella McCartney, Vivienne Westwood et Tommy Hilfiger sont parmi les nombreux créateurs qui n’utilisent plus la fourrure dans leurs collections et la majorité des enseignes populaires comme H&M, Ralph Lauren, United Colors of Benetton ou encore Esprit sont aussi sans fourrure.

La prise de conscience concernant la cruauté de la fourrure se propage et en porter n’en plus si socialement acceptable. Elle reste portée par une minorité de personnes qui s’accrochent à une notion horrible et archaïque du glamour, ou cherchent désespérément à attirer l’attention sur elles pour de mauvaises raisons.

Ce que vous pouvez faire

  • Exprimez-vous ! Si vous voyez de la vraie fourrure en vente quelque part, n’hésitez pas à demander à parler au responsable du magasin pour lui expliquer combien vous êtes dégoûté par le produit.
  • Si vous apercevez quelqu’un qui porte de la fourrure, essayez d’engager une conversation polie avec cette personne à propos du fait que qu’il n’y a rien d’esthétique dans le fait de porter la peau d’un animal mort.
  • Signez-les pétitions en ligne et faites un don à PETA pour nous aider à mettre un terme à l’industrie de la fourrure une fois pour toute.