Les animaux exploités pour la laine

Les animaux exploités pour la laine

La plupart des gens ne se sont jamais demandé quelles étaient les conséquences que la fabrication de la laine pouvait avoir sur les animaux qui la produisent. Les moutons sont des individus paisibles qui, comme tous les animaux, ressentent la douleur, la peur et la solitude. Mais l’industrie lainière ne les traite pas autrement que comme des machines à produire de la laine à qui l’on accorde bien peu de respect et de compassion.

Une vie de misère

Alors que les agneaux ne sont âgés que de quelques semaines, leurs oreilles sont perforées, certains d’entre eux ont leur queue coupée et les mâles sont castrés. Les éleveurs utilisent des élastiques ou des pinces pour couper ces parties du corps, la plupart du temps sans anesthésie.

À travers le monde, des centaines de milliers d’agneaux meurent de froid ou de faim avant l’âge de 8 semaines et en France, 16 % des agneaux en moyenne n’atteignent pas l’âge adulte. Mais ceux qui survivent ne sont guère plus chanceux. De l’épreuve de la tonte à la chaleur des mois d’été durant lesquels les moutons s’effondrent souvent d’épuisement à cause de la densité anormale de leur laine, ces animaux mènent des vies rudes et difficiles.

Une mutilation inutile

Plus choquante encore est la pratique très répandue du « mulesing » en Australie, un des plus grands pays producteurs de laine au monde. Les éleveurs mutilent les moutons en leur coupant de gros morceaux de peau et de chair. C’est une tentative peu judicieuse de contrôler les infestions de mouches (un problème de santé qui survient lorsque les mouches pondent des œufs dans la peau des moutons). Mais contrairement à des alternatives humaines, cet horrible procédé se révèle parfaitement inefficace car beaucoup de moutons victimes de « mulesing » meurent malgré tout d’une infection ou des suites d’une infestation de mouches.

Plus qu’un rasage de près

Le processus de la tonte est généralement une expérience violente et terrifiante pour les moutons à travers le monde. Les travailleurs sont généralement payés au volume, et non à l’heure, ce qui les encourage à travailler le plus rapidement possible – ils ne tondent pas moins de 200 moutons par jour – et conduit à une manipulation sans ménagement ainsi qu’à des blessures très fréquentes chez les animaux. Les moutons sont souvent privés de nourriture et d’eau pendant 24 heures avant d’être tondus, afin qu’ils opposent le moins de résistance possible.

En 2014, PETA États-Unis a infiltré des hangars de tonte à travers l’Australie et les États-Unis et a découvert des maltraitances abjectes envers les moutons. Les violences mises au jour faisaient état de travailleurs donnant des coups de pieds, des coups de poings et piétinant les moutons au niveau de la tête, les frappant au visage avec des tondeuses métalliques et laissant d’énormes entailles sur leurs corps lesquelles étaient ensuite recousues grossièrement avec une aiguille et du fil et sans anesthésie d’aucune sorte. Un tondeur a même tordu si violemment la tête d’un mouton qu’il lui a cassé le cou.

Dans la nature, les moutons ne produisent que la quantité de laine dont ils ont besoin pour se maintenir au chaud, et ils perdent naturellement un peu de leur toison chaque année. Il n’y a que les moutons mérinos, issus d’une sélection génétique opérée par l’industrie de la laine qui développent des toisons anormalement lourdes et souffrent s’ils ne sont pas tondus chaque année.

L’exportation d’animaux vivants : une mort terrifiante

Lorsque les moutons vieillissent, la quantité de laine qu’ils produisent diminue. Toutefois, en raison de l’industrie de l’exportation d’animaux vivants, leur souffrance est loin d’être terminée. Des millions de moutons à travers le monde finissent par être envoyés au Moyen Orient sur des navires bondés – un voyage affreux qui peut durer des semaines – souvent avec trop peu d’eau et de nourriture. S’ils ne meurent pas en chemin, ils seront alors transportés dans des abattoirs (souvent non réglementés) où on leur tranchera la gorge alors qu’ils seront encore conscients.

Ce que vous pouvez faire

Il est facile de ne pas cautionner cette industrie cruelle et sanglante. Il existe sur le marché beaucoup de tissus résistants élégants et chauds qui ne sont pas faits de laine. Sauvez un mouton : n’achetez pas de laine.

Les chèvres, les antilopes, les alpagas et les lapins sont aussi victimes de l’industrie vestimentaire, donc s’il vous plaît, supprimez de votre garde-robe cachemire, mohair, angora et tous autres produits volés aux animaux.

Le saviez-vous ?

  • Un mouton peut reconnaître le visage d’au moins 50 autres moutons et peut retenir 50 images pendant deux ans.
  • Les bains parasiticides (un insecticide et fongicide couramment utilisé) sont hautement toxiques et font courir un risque majeur de pollution. Par exemple, en 1995, ces bains ont tué 1200 poissons en Écosse après qu’un éleveur les a déversés dans un ruisseau.
  • H&M, Adidas, UNIQLO et Perry Ellis font partie des marques qui se sont engagées à ne pas utiliser de laine d’agneaux ayant subi un « mulesing ».
  • Les émissions de méthane, venant principalement des moutons, représentent plus de 90 % des émissions de gaz à effet de serre en Nouvelle-Zélande.
  • En Australie, l’élevage ovin est souvent utilisé pour justifier la mise à mort de millions de kangourous par an.
  • Des écologistes ont mis en lumière le fait que l’élevage ovin au Royaume-Uni a conduit à la destruction des écosystèmes naturels, provoquant des problèmes tels que l’érosion des sols et les inondations.